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Présentation

Le judaïsme
La prière occupe une grande place dans le judaïsme, qui professe que D. est présent en tout lieu, et qui considère que le fidèle peut s’adresser à Lui là où Il se trouve
Cependant, depuis des temps immémoriaux, nos ancêtres, à l’instar de ce qui se passait dans le Temple de Jérusalem, se réunissaient pour la prière collective, prière qui peut être récitée dès lors que sont réunis dix hommes adultes, âgés de plus de 13 ans.
Toutes les synagogues du monde évoquent le temple de Jérusalem — il faut rappeler que le Premier Temple fut construit par le roi Salomon il y a près de 3000 ans et détruit 5 siècles plus tard par Nabuchodonosor, alors que le second temple, construit en l‘an -500, fut détruit par Titus en l’an 70 de notre ère. Toutes les synagogues possèdent en commun un certain nombre de caractéristiques :
  • La 1ère est la direction : toutes les synagogues du monde, et ce depuis toujours, sont orientées  vers Jérusalem, en France c’est l’Est, en Russie c’est le Sud, ce qui permet de considérer que toutes les prières de toutes les communautés juives convergent vers le même endroit : Jérusalem, qui est appelée dans notre tradition « la porte du ciel ».
  • La 2ème considération est la taille du bâtiment, qui doit être élevée, afin d’inspirer la crainte du Ciel.
  • Une 3ème caractéristique consiste autant que faire se peut, à munir le bâtiment d’ouvertures, de fenêtres, pour bien signifier qu’il ne s’agit pas d’en faire un lieu fermé, mais un endroit ouvert sur la vie.
  • 4ème point, qui concerne l’architecture : il faut savoir qu’en dehors de quelques exceptions, les architectes des synagogues furent le plus souvent des architectes non-juifs, qui prirent en compte, bien sur, ces recommandations, mais projetèrent également dans leurs plans et leurs projets leur propre vision du judaïsme, tantôt religion orientale avec des coupoles et des motifs orientaux, tantôt religion de la Raison, avec des formes néo-hellénistiques, et on pourrait ainsi continuer l’énumération presque à l’infini.
Concernant l’intérieur du bâtiment, comme l’indique le second des Dix commandements, toute image est proscrite, et c’est la raison pour laquelle, hormis la couleur des vitraux, que l’intérieur des synagogues est extrêmement sobre.
La partie la plus importante de la synagogue est l‘ « Arone Hakodèche » ou arche sainte, qui se trouve à l’avant de la synagogue, et qui est en fait une grande armoire qui renferme les rouleaux sacrés de la Torah. Devant l‘arche sainte est placé un rideau brodé sur lequel figurent en général deux lettres hébraïques qui signifient et symbolisent la couronne de la Torah, c’est à dire la couronne de la connaissance de la tradition. Ces rideaux sont toujours interchangeables, en fonction des circonstances et des fêtes.
Les rouleaux de la Torah, qui sont tous rigoureusement identiques, contiennent les 5 livres de Moïse, ou Pentateuque, et sont l’objet de la vénération de la communauté, lorsqu’aux offices du Chabbat et des fêtes, ils sont portés en procession dans la synagogue, avant et après qu’on y lise le chapitre correspondant. Chaque rouleau de la Torah est enveloppé d’un mantelet en velours qui porte en général une dédicace et le nom du donateur. Un « Yad » ou main de lecture, suspendu à la Torah par une petite chaine, permettra à l’officiant de suivre dans le texte sacré sans le toucher par crainte d’abimer le parchemin ou l’encre.
Divers ornements peuvent enjoliver ces rouleaux sacrés.
Il convient de rappeler que cette lecture de la Torah, ainsi que toutes les prières, sont récitées, chantées, psalmodiées, en langue hébraïque, ce qui implique l’obligation pour le ministre officiant, qui dirige la prière, et pour les fidèles, d’apprendre et de connaitre la langue de nos aïeux. La seule exception est celle qui concerne la prière pour la république ou pour le gouvernement du pays, prière instituée par le prophète Jérémie, et par laquelle le Juif affirme sa loyauté au pays dans lequel il vit.
Devant l’arche sainte, et au-dessus, se trouve le « Nèr Tamid », ou lampe éternelle, qui comme son nom l’indique, illumine en permanence le bâtiment, en marquant la présence divine, et qui rappelle le candélabre à sept branches allumé matin et soir dans le temple de Jérusalem.
Et si les fidèles, pour la prière, se tournent toujours vers l’avant de la synagogue, vers Jérusalem, le ministre officiant, chargé de susciter leur dévotion, se trouve, comme l’exige la tradition authentique, au centre, sur une estrade, la « Bima », dont le décor et la forme varient.
Il faut rappeler les moments importants du calendrier juif, non sans avoir indiqué que ce calendrier juif est à la fois lunaire et solaire, lunaire pour les mois et solaire pour les saisons. La semaine juive commence le dimanche matin, et trouve son apothéose au 7ème jour, le Chabbat, Samedi, jour de repos :
  • Au printemps, nous fêtons « Pessa‘h » ou Pâques, qui commémore la sortie d’Egypte, et dont un des rites importants est la consommation de pain azyme.
  • « Chavou’oth » ou fête des semaines, sept semaines plus tard, rappelle le don de la Tora an peuple juif, et la révélation du mont Sinaï.
  • Deux jeûnes, situés en été, commémorent, entre autres, la destruction des deux Temples de Jérusalem.
  • « Roch Hachana », ou commencement de l’année, marque, à l’automne, le début de la nouvelle année juive.
  • Dix jours plus tard a lieu « Yom Kippour » ou jour du grand pardon, qui voit l’ensemble de la communauté se mortifier par un jeûne total, et des prières de toute la journée.
  • Quelques jours plus tard a lieu la fête de « Souccoth » ou fête des cabanes, qui rappelle la Protection divine pendant la traversée du désert.
  • En hiver, la fête de  » ‘Hanouka » commémore la victoire des Hasmonéens sur les oppresseurs Grecs, tandis que celle de « Pourim », à la fin de l’hiver, met en relief la survie miraculeuse du peuple juif malgré la tentative d’extermination orchestrée par Haman à travers l’empire Perse.

 

Cérémonie d’inauguration en 1961 de la Maison Communautaire
« C’est avec joie que je salue l’édification à Colmar d’une Maison Communautaire.
Grâce à cette réalisation, les Juifs de notre ville ont désormais à leur disposition les locaux et toute une gamme d’installations permettant de donner satisfaction au besoins religieux et culturels d’une Communauté digne de ce nom.
L’absence d’une Maison Communautaire se faisait cruellement sentir à Colmar.
Alors que les Communautés moins importantes que la nôtre possèdent un « Kahalshaus », qui, si modeste soit-il, n’en est pas moins d’une très grande utilité, la Communauté de Colmar, aussi surprenant que cela puisse paraître, en était dépourvue.
Est-il besoin de souligner les inconvénients qui ont résulté d’un tel état de choses, et les difficultés qui ont surgi, chaque fois qu’il a fallu trouver des locaux adéquats pour organiser des fêtes, des conférences, des réunions de sociétés, toutes les manifestations enfin qui sont le signe qu’une Communauté vit et agit ?
Et que dire de la situation de notre Talmud Torah, hébergé dans une des écoles de la Ville ? Malgré l’extrême bienveillance et l’esprit de compréhension que nous ont témoignés l’Inspection Académique et la Municipalité, ce n’est qu’à partir du moment où nous avons pu disposer de nos propres locaux qu’il a été possible d’envisager l’extension des cours.
Et comment ne pas se réjouir, en constatant avec quel plaisir nos jeunes viennent dans cette Maison qui est vraiment devenue leur Maison ?
Qu’il s’agisse, en effet, des cours de Talmud Tora ou des diverses manifestations organisées pour eux, ils aiment se réunir dans un cadre agréable et sympathique. Et c’est bien là un des principaux buts que nous avons voulu atteindre : attirer toujours plus, vers des activités juives, dans le cadre de la Communauté, ceux qui constitueront le Judaïsme de demain.
Puisse l’Eternel assurer un plein succès à l’œuvre réalisée, en vue de permettre à notre chère Communauté de s’épanouir pleinement et de rayonner. »
Discours prononcé le Dimanche 16 avril 1961 par Simon FUKS, Grand Rabbin du Haut-Rhin de 1947 à 1986.
« Voici enfin que s’inscrit dans les faits l’existence de la Maison de la Communauté.
Elle représente pour le Consistoire l’aboutissement de l’action de renaissance entreprise depuis de longues années.
La création de ce Centre communautaire est devenue une nécessité vitale afin de permettre le regroupement de toutes les activités juives de la communauté, de donner aux nombreuses sociétés qui servent – chacune dans son propre domaine – l’intérêt du judaïsme, un cadre approprié et surtout de provoquer auprès de la jeunesse un regain d’intérêt, un choc psychologique plus que jamais nécessaire.
L’expérience démontre en effet qu’il est de plus en plus indispensable de donner aux générations montantes les possibilités de s’épanouir complétement, dans un milieu adéquat et dans une ambiance saine.
C’est pourquoi la Maison de la Communauté est pleine de promesses et d’avenir.
Je suis fier qu’il me soit donner d’avoir pu participer à la réalisation de cette grande oeuvre et je forme des voeux pour que le Centre communautaire permette à chacun de réaliser pleinement son idéal juif. »
Discours prononcé le Dimanche 16 avril 1961 par Jules CAHN, Président du Consistoire Israélite du Haut-Rhin.